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Inscrite Monument Historique le 21/01/97

L'église paroissiale de "Pailheriis" est mentionnée pour la première fois dans les textes en 1318 (1), lors de la création du diocèse de Rieux . Cet édifice castral, appuyé contre le forteresse des seigneurs de Pailhès, devait exister au XIIème ou au XIIIème siècle puisque le fief est cité à cette période (voir Château de Pailhès).
Lors de sa visite du 5 novembre 1633 (2), l'évêque de Rieux précise qu'elle est "située dans l'enclos du château, en bon état mais point parée" et qu'il n'y a que la sépulture du seigneur. Cependant, une deuxième visite faite le 23 octobre 1724 (3) la signale en très mauvais état. Aucune décision n'ayant été prise, Notre-Dame tombe peu à peu en ruines et le 23 mars 1765, un arrêt du Parlement de Toulouse confirme que la commune en a l'entière possession (4).

Cependant, au XVIIIème siècle, sous l'impulsion d'Antoine de Lafage baron de Pailhès, soucieux d'avoir un édifice au prestige ostentatoire et aux dimensions hors du commun dans la région, une nouvelle église est construite à son emplacement actuel pour une "...somme de 12 000 £, obtenue par le Syndic de la province de Languedoc avec le prix de la coupe du bois de Marrouch et avec les démolitions de l'église alors existante..." (5). Notre-Dame, dont le clocher n'est pas encore achevé, est bénie le 20 août 1780 par le curé Dubosc (voir texte). Le 17 septembre, les restes de la comtesse Marguerite de Villemur de Montlezun, décédée en 1742, y sont transférés (voir texte).
Mais l'histoire de N.D ne s'arrête pas là : en 1782, alors que le clocher n'est toujours pas achevé, des décisions sont prises pour que l'église, récemment ouverte, soit abandonnée. Les choses trainent en longueur, ce dont se plaint le procureur de la commune qui écrit le 20 février 1791 "L'évêque de Rieux avait interdit l'église N.D, laquelle en définitive n'était qu'un effort du délire de l'esprit humain, bâtie en dépit du bon sens, dans un un lieu impraticable" (6). Dès lors , pendant tout le XIXe s. allaient s'affronter les partisans de l'achèvement de N.D et ceux de la remise en état de l'église St-Blaise, notamment le conseil de fabrique ; visant ce dernier, le maire Brunet ne dira-t-il pas en 1878 "un curé abruti ou son eunuque impuissant dirait-il autrement lorsque en fait l'église est en haut du coteau, dans le site le plus pittoresque du monde..." (7). Le conseil de fabrique décide alors d'entreprendre la construction de l'église du village en 1880 avec, pour commencer, ses propres deniers, ce qui indigne le conseil municipal obligé ainsi, par la suite, de voter des subventions pour l'achèvement des travaux. Malgré l'installation d'une horloge mécanique dans le clocher de Notre-Dame en 1893, ce lieu de culte, d'accès difficile, perd tout son sens et tombe peu à peu en ruines : des matériaux sont ainsi récupérés et seul le choeur est encore couvert en 1914...
Bénédiction de N.D, 27 août 1780
"L'an 1780 et le vingtième jour du mois d'août, nous soussigné docteur en théologie et curé de la présente paroisse, avons béni la nouvelle église Notre Dame de Pailhès située près le château, suivant le pouvoir qui nous en avait été accordé par Monseigneur l'évêque de Rieux. Cette cérémonie a été par nous faite en présence de tous nos paroissiens et d'un nombre infini d'étrangers.
En foi de quoi, signé Dubosc, curé"
Transfert de la sépulture de la comtesse de Pailhès, 17 septembre 1780
"L'an mil sept cent quatre vingt et le dimanche dix septième jour du mois de septembre nous, soussigné docteur en théologie et curé de la présente paroisse, vu l'ordonnance de sieur l'abbé de Lafage, vicaire général de Rieux du 15 mars 1777, de sieur Loze juge de Pailhès du 13è jour du mois courant, lesquelles ordonnances nous avons gardé par devers nous, avons fait l'exhumation des ossemens de haute et puissante dame madame de Villemur de Montlezun contesse dudit Pailhès, lesquels ossemens qui étaient dans l'ancienne église N.D de Pailhès et qui a été démolie ont été transférés dans la nouvelle église près de la balustrade du sanctuaire, à la droite avec toutes les cérémonies prescrites par l'église en présence de mr pierre Ruquet, Jean Vergé, (...) et de presque tous (les) paroissiens, en foi de quoi,
Notes :
(1)
(2)
(3)
(4)
(5)
(6)
(7)
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